mardi 1 janvier 2008

Chose promise, chose due : Koffi Cadjehoun vous convie, voire vous convoque à son nouveau blog, puisque les saisons d'Au tour du réel sont révolues. Bonne année, grande santé!
http://aucoursdureel.blogspot.com/

lundi 19 novembre 2007

Le temps des saisons

C'est la saison de la grande fatigue. Koffi Cadjehoun vous donne rendez-vous bientôt avec un nouveau blog, dont l'adresse sera annoncée ici même. D'ici là, bonne lecture des notes qui parcourent les trois temps d'Au Tour du réel. A bientôt!

dimanche 18 novembre 2007

Postkantisme

L'ontologie classique représentait l'Etre comme l'explication à tout ce qui est et qui n'apparaît pas immédiatement, soit tous les niveaux de réalité - plus leur lien. L'ontologie postkantienne se réclame des sophistes et de Nietzsche pour entériner le renversement nihiliste : le morcèlement du réel est expliqué par la superposition indéfinie des niveaux de réel. Quant à la pensée du néant, elle montre que le lien s'opère entre les indéfinis niveaux, que l'infini est le lien qui empêche justement le morcèlement indéfini dû à l'ontologie classique de l'apparence.

jeudi 15 novembre 2007

Paradoxologie

Pourquoi trouve-t-on la fatigue, l'épuisement et/ou la destruction dans la superpuissance et la démesure? C'est que le réel est le champ clos de la finitude, le monde de l'homme. Si le monde est fini, forcément les ressources de l'apparence immédiate s'épuisent rapidement et viennent à manquer. Le paradoxe, c'est que le désir est d'autant plus absolu dans l'Hyperréel que le domaine ontologique est défini comme limité.

mardi 13 novembre 2007

Hypersouffrance

Pourquoi la domination suppose-t-elle la souffrance? Pourquoi le plaisir passe-t-il par la souffrance, par la domination dans l'Hyperréel? La souffrance consiste à ressentir la douleur ou à l'infliger, c'est-à-dire à l'ordonner. Dans l'expérience de la souffrance (infligée ou reçue), le dépassement et l'intensité sont logiques car elles renvoient à l'expérience de l'ordonnation. Celui qui ordonne, dans les deux sens du terme, prend la tunique et le rôle du démiurge. Le plaisir tient à cette attribution de la puissance divine. L'individu dans l'Hyperréel contacte l'ordonnation divine.

lundi 12 novembre 2007

Réunion

Dopage/représentation/pornographie/cinéma/télévision : même combat.

Dominez, Domine

Dans le monde du fini, le but de la singularité (de l'individu) est de dominer l'ensemble du champ fini. Du chant du cygne. Dans le champ qualitatif, cette domination de l'individu est illusoire. L'individu est lui-même sans fondement. Il ne peut prétendre dominer un camp qu'il ne maîtrise pas. Au contraire, dans le champ du fini, l'intensité comme domination et destruction de l'autre et de soi est conséquente. L'intensité vaut autant pour le dominé que le dominateur. Le but est d'atteindre à cette puissance qui est considérée comme comique car permettant d'atteindre à la domination du réel entendue comme Hyperréel, champ clos et fini.

samedi 10 novembre 2007

La domination du Même

Dans le monde du Même, l'énergie est quantifiable, en tant que seule la différence est en mesure d'apporter de l'inquantifiable en provenance du néant. Il s'agit de dominer et de prendre le plaisir dans l'intensité de la force comme énergie violente. Le fondement de l'Hyperréel est fini car objectif : c'est l'individu. La domination n'est destructrice que si elle est quantifiable, délimitée, définie. Dans le monde fini de l'Hyperréel, le sens de la finitude aboutit à la domination et l'intensité. Comme Ovidie avait raison, dans sa grande folie et son égarement permanent!

Extension/réduction

L'extension du sensible suppose que le sensible soit magnifié, qu'il soit poussé au-delà de ses limites et de ses retranchements, pour acquérir la stature de l'Etre. Le Sensible a ainsi pour critère l'intensité, puisque la puissance sensible suppose que cette puissance soit ramenée à du quantifiable objectivisé. L'intensité va vers la réduction et la souffrance, puisque l'intensité de la répétition, c'est la - pure souffrance.

mardi 6 novembre 2007

Répétitions de la différence

L'expulsion de la différence dans la représentation conduit à son évolution dans le réel en pure répétition/violence. Autrement dit : la représentation/fantasme sert d'ordinaire à transformer la violence en différence, à aménager la pure répétition en différence. La représentation sert d'usine de recyclage et de transformation de la violence. Dans le réel, l'existence de la violence pure a besoin de la médiation de la représentation pour devenir création - pour l'homme. L'homme utilise sa faculté de représentation pour agencer la pure répétition en d'autres formes. Le fantasme est réagencement, donc réagencement fantasmatique, ordonnation fantasmatique de la violence pure. Du coup, la violence pure passe par la représentation et ressort recyclée dans le réel à l'état de différence - utilisable pour l'homme à l'état de culture. Raison pour laquelle la pornographie est le lieu de la violence, en ce que la médiation de la représentation est remplacée par l'éviction du réel au profit de l'Hyperréel. Qu'est-ce que l'Hyperréel? La pornographie en offre un avant-goût sidérant. Et c'est en quoi ce que nous dénommons avec pertinence médias n'est jamais que le réceptacle et l'annonce de ce que sera ce monde où la violence n'est pas transformée en différence. La médiation, désormais, se passe de l'art et propose la domination en lieu et place de la transformation.

vendredi 2 novembre 2007

Surchauffe et casse

Pourquoi repousser les limites conduit-il à la destruction? Le Surhomme est le fait de nier l'Etre pour le remplacer par l'apparence. C'est le syndrome du moteur surchauffé. La réduction accouche de la destruction, car l'augmentation de la répétition conduit au remplacement de la différence par la répétition abolutisée. La réduction expulse la différence de l'Hyperréel/apparence absolutisée. Le réel dénié compense sa négation dans l'ultrapositivité hyperréelle par le refus de la différence. D'où la conversion de la différence en système de destruction pure comme ordonnation minimale. La seule différence qui subsiste tient à la perversité de la mutation. L'homme en - Surhomme.

dimanche 28 octobre 2007

La tyrannie du direct

L'accélération du rythme de la vie, l'hégémonie de l'événementiel s'expliquent par le besoin de combler la réduction de l'apparence par la surabondance de l'ordre sensible. D'où le caractère trépidant du direct et des informations.

vendredi 26 octobre 2007

Chaos

Sans le principe du fantasme, le réel est menacé par le chaos.

Réglementarisme

Le terme de réglementarisme est merveilleux. Le vocable qui prétend définir et revendiquer la libération et la vraie liberté se dénomme réglementarisme. Pourtant, réglementer, c'est légiférer. Autrement dit, le système qui dérégule revendique le réglementarisme. Le système qui légifère et entérine la possibilité de vendre ou de louer son corps n'est libération que dans la mesure où il limite. Décidément, la liberté ne se dépêtre pas de la limite. Curieuse manière que de prétendre apporter la libération en nommant ce processus réglementarisme. Curieuse et paradoxale manière. Car la profondeur du paradoxe tient à la limite qu'instaure le réglementarisme. Le réglementarisme revient à instaurer la règle de l'Hyperréel. Comme son nom l'indique, le réglementarisme légifère, légitime et limite - quoi au juste? L'absence de limites comme reconnaissance de la limite n'est autre que la transposition de la limite à l'Hyperréel. La libération de la limite comme suppression idéale de la limite signale que la limite, pour être nulle part, est partout. Système même de l'archétype le plus proche de l'anéantissement. Voilà qui a au moins le mérite d'être clair.

(L)Imitation

Le fantasme est le moyen pour l'homme de (dé)limiter sa puissance.

Fantasthme

Quand le fantasme se réalise, le réel se fait fantasme.

jeudi 25 octobre 2007

Sweet fantasme

J'écoute Robbe-Grillet dans Ce soir ou jamais. Robbe-Grillet s'élève vigoureusement contre les censeurs moralistes qui prétendent interdire les fantasmes les plus inavouables, en tout cas les régenter et les censurer. Robbe-Grillet aborde notamment les rapports de l'écriture et de l'imaginaire et explique que le propre du fantasme étant de ne pas se réaliser, le rôle du fantasme est d'agir comme un filtre, une catharsis contre le passage à l'acte. C'est sans doute une thèse grossière, mais je serais assez d'accord avec cet écrivain fort moyen (et fort ennuyeux surtout) s'il précisait peut-être que le fantasme est si complexe qu'il ne saurait se limiter à une catharsis de pure défense, ce qu'Aristote ne stipule au demeurant jamais. Il est certain que la censure de l'expression littéraire correspond à un moralisme obvie, à condition qu'une petite précision, capitale, soit apportée : dire prémunit d'agir si et seulement si l'esthétique qui sous-tend l'entreprise littéraire et/ou fantasmatique affirme la séparation de la représentation et de la réalisation. Car une chose est d'énoncer que la littérature est aussi le règne de la pure liberté (et que la perversion imaginaire n'est pas de la perversion, par définition), une autre est de rappeler que le propre d'une certaine autofiction, ou d'écrits autobiographiques ambigus, est de gommer la différence essentielle entre représentation et réel. Je pense à tous ces journaux dont le propre est de glorifier la pédophilie ou de narrer par le menu des expériences sexuelles engageant des personnes réelles. Alors, certes, la relation de ces expériences est très souvent hyperbolique, mais il n'empêche. Le dérapage se situe précisément à cet endroit, dans le lieu de la confusion qui se prétend aussi défense et apologie de la liberté échevelée et absolue. Est-ce parce qu'il oublie ce détail que Robbe-Grillet passe à côté de l'essentiel? En tout cas, si la littérature n'a pas pour fin, ni ambition, de prévenir les actions perverses (et criminelles), elle vaut mieux que le vrai moralisme de l'époque : non d'empêcher l'expression quelle qu'elle soit, mais de défendre le principe de la liberté sans limite.

lundi 22 octobre 2007

Il faut souffrir pour être pot

Curieux penchant que le penchant pour la souffrance. Curieux, quoique plus répandu qu'on ne pense. Je ne vise pas seulement les adeptes du sado-masochisme au sens strict ou de leurs imitateurs édulcorés. Je constate que les valeurs pornographiques sont tout à fait répandues et qu'elles prônent le culte de la souffrance comme quête du plaisir. Ce n'est bien entendu pas le hasard qui aboutit à cette apologie. L'esprit du système a d'autant plus interdit la pornographie qu'il en organisait la célébration insidieuse et métastasée. De quelle souffrance parle-t-on? La souffrance n'est certes pas le fait exclusif de la pornographie, tant s'en faut. Loin d'être une création de la pornographie, ce serait plutôt la pornographie qui serait sa créature torve et difforme. Au départ, l'existence sait que la souffrance est sa compagne intime et indicible. La souffrance est d'ordinaire couplée à la différence en ce qu'elle permet une transformation de la violence en énergie positive pour l'homme. Lorsqu'elle possède ce statut, la souffrance sert la perpétuation de l'existence. La souffrance devient destruction pure, soit apologie du plaisir en souffrance, quand elle est séparée de la différence. Le dopage permet la transformation de la souffrance en acceptation de sa réalité positive - quand l'atavique transformation supposait l'évolution de la destruction vers la création. La représentation pornographique résulte précisément de ce télescopage (dans tous les sens du terme, et plutôt dans ses termes violents) entre le réel et la représentation. Dans tous les cas, la souffrance n'est plus l'objet d'une réelle médiation, elle est nue, bref elle est crue. Plus une star du X est nue, plus elle attise la souffrance. Qui l'eût cru?

vendredi 19 octobre 2007

Hypernotes

Quelques notes sur l'Hyperréel :

- rendre l'apparence immédiate absolu réel;
- fonder l'Hyperréel sur le mensonge de la Surpuissance et du Surhomme en tant qu'éloge de l'ordre sensible représenté comme l'absolu;
- cacher la destruction que suppose la réduction ontologique;
- l'inversion du fond/forme dans l'Hyperréel/réel;
- l'Etre s'incarne dans le sensible;
- l'apparence est niée au profit d'une ontologie uniciste.

Au final, cette conclusion : les sportifs mentent, les pornographes mentent... J'ajouterais : les élites mentent par attraction ontologique, à l'insu de leur plein gré - comme dirait l'autre. Pour eux, l'Hyperréel est parfait, le réel est un fantasme. Rien d'étonnant au final que ces tristes sires, ces engeances de mort, ces systèmes de nihilisme ambulants nous entraînent insensiblement vers l'accélération de la destruction. Autrement dit : l'ordre se délite et augmente la cadence de sa violence en croyant remédier au désordre quand il accélère encore le processus mortifère. Le sens mène-t-il vers l'impasse? Quand une porte est fermée, maintes autres sont ouvertes!

dimanche 14 octobre 2007

Au diable ne plaise

On comprend que le nihiliste accorde une si grande valeur au plaisir. Car faire du plaisir le sens de son existence revient en fait à rapprocher de façon profonde le sens et les sens. Plus exactement : à énoncer que le sens s'obtient par l'action des sens. Le plaisir n'est-il pas le sens que l'on déduit des sens? Or les sens ne donnent sens que dans la mesure où ils induisent dans l'exercice de définition un supplément de réalité qui transcende la définition elle-même. Tout objet fini, et l'on dit bien objet de définition, et non sujet, contient le principe de sa transformation/perpétuation, en ce que ce principe est dépassé de toutes parts par l'élément de perpétuation. Les sens donnent sens dans la mesure où ils ne délimitent que temporairement, où ils ne savent que trop que la délimitation contient et implique son dépassement. Faire des sens le critère du jugement moral (j'ai du plaisir=c'est bien) n'exprime pas seulement la tartufferie du moralisme qui ne veut pas dire son nom; c'est aussi opérer la réduction ontologique par excellence, qui affirme sans ambages (ou toute honte bue) que le plaisir est la fin de l'activité et que l'activité n'est jamais que de servir le plaisir. Au nom d'Aristote, j'ose donc ce rappel insistant : le plaisir sanctionne tout rapport avec la différence/destruction, que celle-ci penche du côté de la perpétuation ou de l'anéantissement. Comment établir la distinction entre le plaisir qui perpétue et le plaisir qui, pair, paie/tue? C'est assez simple : le plaisir qui suit les sens et indique le sens est au service de la perpétuation (différence/destruction); le plaisir trahit les sens et le sens quand il se pose en essence de l'existence et en finalité du sens. On ne vit pas pour jouir, on jouit pour vivre. C'est la notable différence avec l'appétit gustatif et le principe de digestion - et c'est en quoi Molière avait si bien raison.